Il n’y a pas de mauvais prétexte pour aller à Rome. Que ce soit pour visiter le forum ou la chapelle sixtine ou avoir une envie folle de pizza ou de gelato. La fin de l’hiver ou le début du printemps nous invite à gouter la douceur romaine. Si « la Hollande est l’autre pays du Fromage », l’Italie est certainement un pays ou l’aviation fait aussi partie de l’ADN national. Sans doute parce que les Italiens ont toujours excellé dans l’art de créer de belles mécaniques.
Il manquerait certainement quelque chose à votre périple sans visiter un Musée qui contient 80 aéronefs : Le Musam (Museo Storico dell’Aeronautica Militare). En 1913, L’aviation italienne est la première au monde à mettre en œuvre opérationnellement des avions militaires lors de la campagne de Lybie. Si au moment de joindre la Première Guerre mondiale, l’aéronautique italienne utilise principalement du matériel d’origine française, Le conflit va voir la naissance d’une industrie nationale dynamique. Celle-ci réussira même l’exploit de fournir avions et moteurs aux aviation française et américaine. Le leader mondial Leonardo est un des héritiers de ces constructeurs. Pendant les années 30, l’aviation italienne va régulièrement faire la une des journaux jusqu’à créer un des premiers avions propulsé par un réacteur. Le deuxième conflit mondial voit cependant une aviation italienne qui entre dans le conflit au mauvais moment alors qu’elle est en plein renouvellement de ses matériels. Des prototypes prometteurs mais des appareils en service dépassés de manière générale. Dans le camp des vaincus, l’Italie se voit contrainte par traité de limiter son aviation et la plupart des usines sont détruites. Dés son entrée dans l’Otan, il ne faudra pourtant pas longtemps à voir refleurir prototypes et succès commerciaux. Aujourd’hui équipée de matériel moderne, elle participe entre autres à la construction des F-35 et au programme GCAP (Global Combat Air Programme).
En 2023, l’Aeronautica Militare a fêté son 100e anniversaire. Elle en a profité pour rénover en profondeur son Musée créé en 1977 situé à Vigna di Valle sur le lac de Braccachio. En plus du Musée dont je vais vous parler, l’environnement est fabuleux. D’autant plus lorsqu’on sort de Rome si active. Vigna di Valle est toujours une base de l’aviation militaire italienne. Après avoir été un centre de recherche pour l’armement naval et une base pour les hydravions de course, l’endroit a aussi abrité une unité de sauvetage. Il est situé à 30km de Rome et l’accès par les transports en commun est un peu compliqué. J’avoue avoir utilisé un Uber pour m’y rendre et en revenir à Rome. Mais le voyage en vaut la peine.
Les 5 halls et 16000 m2 abrite quelques joyaux que vous ne verrez par ailleurs. En rafale : Savoia-Marchetti art.56, Savoia-Marchetti SM.79, Savoia-Marchetti SM.82, SPAD S.VII Ansaldo AC.2, Ansaldo SVA 5 , Caproni Ca.100, Cant Z.506S Airone, Fiat CR.32, Fiat G.55, Campini-Caproni C.C.2 ou le fuselage d’un très rare Junkers J4 ….
Pour les Belges, Fiat CR.42 Falco et le plus ancien Spad VII (S-153) présenté comme l’avion de l’as Fulco Ruffo di Calabria, père la Reine Paola de Belgique.
Les plus beaux et les plus rares sont sans doute les hydravions de course Macchi.
Des classiques comme le P51, le Spitfire et le C47 sont aussi présents. Uniformes, casques, moteurs et équipements complètent les collections ainsi que beaucoup des prototypes évocateurs du renouveau d’après la Seconde Guerre mondiale.
Ces avions et hélicoptères sont exposés dans des halls bien éclairés de lumière naturelle et des plateformes permettent de les voir sous tous les angles.
La rénovation du Musée fait largement usage du multimédia. Il était sans doute très sensible d’aborder la période de la Seconde Guerre mondiale ou des italiens ont combattus du côté des Alliés pendant que d’autres opéraient au sein de l’Aeronautica Nazionale Repubblicana. Le Musée a fait appel à des historiens professionnels pour traiter le sujet. Le souvenir d’aviateurs passés à la Résistance et victimes des nazis notamment aux Fosses ardéatines est ainsi évoqués. L’apport des historiens est aussi sensible dans les panneaux explicatifs qui accompagnent les objets et avions exposés. Les textes sont de qualité. Lorsqu’un avion a été dans le passé décrit comme l’avion de l’un ou autre as, la légende le présentant fait preuve de plus de nuance, faute de preuve.
Le Musam possède aussi une cafeteria et une boutique. Lors de ma visite, le catalogue du Musée était épuisé, c’est peut-être un bon conseil de l’acheter sur internet avant votre visite pour ne pas perdre une miette. La boutique présentait d’autres ouvrages fort intéressants.
Comptez une journée pour profiter des merveilles de l’endroit. Si à un moment, vous avez besoin de faire un break, le parc ou est installé le Musée vous tend les bras. Soyez certain que comme ailleurs à Rome, vous en prendrez plein les yeux.
Pour en savoir plus sur l’aviation italienne https://aviation.brussels/search?q=italie
https://www.aeronauticamilitareofficialstore.it/eu-fr/musam
https://www.aeronautica.difesa.it/home/area-museale-aeronautica/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_historique_de_l%27aviation_de_Vigna_di_Valle