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Réhabiliter le collectionneur

J’allais vous parler Spitfire et puis j’ai rendu visite à un ami. Mon ami est collectionneur, moi aussi.

 

Qui ne collectionne pas des coquillages, des cailloux ou des petites voitures ?

 

Dans notre « secte », la maladie ou la passion suivant chacun est multiforme. Certains se concentre sur tout ce qui concerne les avions civils ou l’aviation militaire ou encore les hélicoptères. Ils sont capables de faire des centaines de kilomètres pour visiter un antiquaire ou une librairie spécialisée et profiter de chaque voyage pour découvrir de nouvelles bonnes adresses. Il y a ceux qui ont toujours leurs fiches avec eux à la recherche d’un numéro d’une revue ou d’un livre qui leur est indispensable. Beaucoup souffre du syndrome « j’ai trouvé quelque chose dont j’ignorais même l’existence ». Cela les conduit parfois à des coups dans l’eau lorsqu’ils achètent pour la deuxième fois la même pièce ou un objet qu’ils confondu avec un autre et qu’il avait déjà.

 

Il en est qui sont timides et ne veulent surtout pas que l’on connaisse leur penchant honteux pour les avions britanniques ou le constructeur aéronautique Macchi. Difficile parfois qu’ils disent quel est exactement leur centre d’intérêt. Ils en ont cent.

 

La plupart sont pourtant toujours prêts à partager des anecdotes concernant leurs découvertes. Ainsi celui-ci qui achète la maquette constructeur d’un avion dont le pied ne correspond pas au modèle qu’il a acquis. Quelques années plus tard il achète une autre maquette constructeur auprès d’une autre source, le pied correspond à son premier achat, et le premier pied correspond au deuxième modèle acheté. Pour des avions qui ont laissés peu de trace dans l’histoire produits par un constructeur assez peu connu, il y a clairement un dieu pour les collectionneurs ou Indiana Jones s’est penché sur le cas.

 

C’est lorsqu’ils nous permettent de passer les portes de leurs cavernes d’Ali Baba qu’on ouvre des yeux écartillés. J’ai mis un s à caverne car quelque fois ils en ont plusieurs… On découvre alors de vrais passionnés, de vrais adaptes. Leurs longues quêtes leur donnent souvent une vraie expertise qui dépasse le simple fait de posséder pour posséder. Non seulement, ils font l’acquisition de pièces quelque fois exceptionnelles mais ils vont consacrer des heures et des jours à rechercher leur histoire, à les nettoyer, les entretenir, les restaurer ou trouver l’expert qui va permettre de les préserver. En fait ce sont peut-être des accumulateurs mais surtout des préservateurs. On ne compte plus les avions aujourd’hui préservés parce qu’un « collectionneur » a sauvé un Seafire ou a accumulé pendant des années histoires, documentations et pièces de Farman F40 qui, un jour sera exposé. Le Seafire, lui a volé.

 

Leur réputation n’a pas toujours été bonne auprès des « organismes officiels ». Soupçonnés d’être prêt à tout, y compris le cambriolage, pour détenir des pièces qu’ils jugent indispensables mais n’étant pas correctement mises en valeur ou entretenues par leurs détenteurs publics. Il y avait beaucoup d’incompréhension voire de dédain mutuel. Sans les 70.000 pièces de la collection hors du commun de Jean-Pierre Verney pas de Musée de la Grande Guerre à Meaux. Chez nous, la longue quête de Benjamin Heylen pour perpétuer le souvenir de la Deuxième Guerre mondiale dans son village et sa région a donné naissance à une vocation de professeur et au Musée de Perwez dont les riches collections dépassent le cadre du conflit avec ses objets du quotidien de l’époque.

 

Pour en terminer, je voudrais évoquer une anecdote. Il y a quelques années, je faisais partie d’une association. Plusieurs membres s’étaient rendus chez un particulier qui possédait une fort rare hélice Axial ou Garuda de Fokker Dr.1. Oui, le triplan du même modèle que celui du Baron rouge. Cette personne n’était pas fanatique de l’aviation mais l’objet était très beau et un beau témoin de la Première Guerre mondiale dans sa région. Le propriétaire avait la réputation de recevoir les visiteurs qui voulait voir son hélice. Plusieurs amateurs avaient proposé d’acheter cette pièce avec des propositions sonantes et trébuchantes plus qu’alléchantes. Vint le jour, ou un jeune visiteur va voir l’hélice. Quelque chose de magique se passe et à la fin de la visite, son propriétaire l’offrit gratuitement à son jeune visiteur. Et des anecdotes comme celle-là, j’en connais d’autres. 

 

 

Bonne chasse au trésor et beaucoup de respect pour les collectionneurs.

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